15/11/2008

RAPPORT FINAL DU SEMINAIRE DE FORMATION SUR LE TRAVAIL SOCIAL DE RUE ORGANISEE A KANANGA


 KANANGA

DU 04 AU 13 AOUT 2008

Avec le soutien de :

WallonieBrux                                                                                                                             Dynamo

Région wallonne Belgique                                                                                                             Dynamo  International

Kananga2

INTRODUCTION

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Droits, Protection et Aide à la Jeunesse en République Démocratique du Congo », soutenu par Dynamo International et financé par le Gouvernement de la Région Wallonne du Royaume de Belgique, le Comité d’Appui au Travail Social de Rue (CATSR) a organisé, du 04 au 13 août 2008,  à Kananga, chef-lieu de la Province du Kasaï Occidental, un séminaire de formation sur le travail social de rue. Cette activité de renforcement des capacités des acteurs de terrain s’est déroulée au Centre Catholique « Bamamu Tabulukayi » de l’Archidiocèse de Kananga, en faveur de 26 travailleurs sociaux de rue  dont 21 oeuvrant dans les différentes  structures de la ville de Kananga  et de ses environs, et 5 provenant de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la Province du Kasaï Oriental.

Plusieurs objectifs ont été assignés à ce séminaire, notamment :

Objectif global

Renforcer  et  améliorer  les capacités professionnelles  de 26 travailleurs sociaux de deux Kasaï  dans la prise en charge des personnes  en difficulté dans leurs milieux de vie.

                                                     Objectifs spécifiques

A l’issue de cette formation,  26 travailleurs sociaux seront capables de :

§       Définir et identifier les étapes du travail social dans leurs institutions respectives ;

§       Définir et identifier les contours du travail social de rue ;

§       Définir et clarifier les concepts de base de l’intervention sociale ;

§       Repérer, analyser et expérimenter les étapes du processus d’intervention sociale dans la rue ;

§       Identifier les stratégies et les approches méthodologiques  en travail social de rue.

Démarche pédagogique

Trois formateurs dont un Sénégalais et deux Congolais ont été retenus par le Secrétariat technique national du CATSR en collaboration avec la Commission « Formation » de ce réseau actif des travailleurs sociaux de rue en République Démocratique du Congo. Il s’agit de Messieurs  MOUSSA SOW, Directeur de l’ONG « Avenir de l’Enfant » basée au Sénégal,  Sébastien KABW MUKANZ et Antoine KETIKILA, respectivement Directeur général et Directeur de la formation continue   du Centre africain de formation supérieure des éducateurs sociaux (CAFES) établi  à Kinshasa. Ces formateurs ont adopté la  méthode participative et expérientielle. Cette méthode a consisté à demander aux participants d’échanger les expériences  et de mener des activités de terrain, en tenant compte des apports théoriques des formateurs. Les rapports de cette expérimentation ont fait l’objet d’une analyse des pratiques professionnelles.

La réflexion sur les expériences et pratiques professionnelles a  permis de dégager les enseignements clés à généraliser en se basant sur les connaissances ou apports théoriques et à appliquer aux situations socio-éducatives qu’ils vivent dans l’accompagnement des personnes en situation difficile dont les enfants en rupture familiale et sociale.  

Techniques et procédés utilisés

Les techniques et procédés suivants  ont été  mis à  contribution :

o      Lecture et discussion des expériences des participants ;

o      Jeu de rôle ;

o      Mise en commun ;

o      Apports théoriques des facilitateurs ;

o      Exercices de démonstration avec la participation des enfants et jeunes en   

      situation difficile ;

o      Supports pédagogiques ;

o      Travail en petits groupes ;

o      Etudes des cas ; 

o      Descentes de terrain.

Contenu de la formation

La formation a porté sur différents modules retenus en fonction des besoins préalablement exprimés par les participants. Il s’agit des modules ci-après :

o      Développement,  Droits et besoins de l’enfant ;

o      Introduction au travail social ;

o      Travail social de rue: 3 axes et processus d’intervention ;

o      Méthodologie de l’intervention sociale ;

o      Organisation et fonctionnement du CATSR ; 

o      Expérimentation des connaissances acquises et analyse des pratiques.

Résultas attendus

A travers ce séminaire,  le CATSR s’est proposé d’atteindre les résultats  suivants :

o      Capacités des 26  intervenants sociaux renforcées et améliorées en matière de travail social de rue en termes de constat, d’accueil, de  réhabilitation, d’accompagnement psychosocial, de réinsertion sociale et de réintégration communautaire des enfants et personnes en difficulté ;

o      Renforcement et maintien des actions des coordinations du CATSR dans les deux provinces du Kasaï ;

o      Esquisse de programme  sur le travail social de rue  élaborée  par les coordinations provinciales du CATSR ;

o      Augmentation du nombre d’intervenants qualifiés et compétents en travail social de rue ;

o      Capacité d’intervention des 26  institutions socio-éducatives  améliorée et renforcée ; 

o      Performance des  intervenants sociaux en matière de médiation et de réinsertion familiale ;

o      Les travaux du séminaire restitués et d’autres sessions de  formation   organisées ;

o      Elaboration des plans individuels des connaissances acquises durant la formation ;

o      Intégration de l’Approche « Travail social de rue » dans les institutions socio-éducatives ;

o      Articles sur le travail social de rue dans les 2 provinces publiés dans la revue « Parce que la rue existe » du CATSR.

Redynamisation des coordinations provinciales

L’équipe des formateurs était conduite par deux responsables du Secrétariat technique national du CATSR. Il s’agit du Coordonnateur Edho MUKENDI KAFUNDA et  du Secrétaire exécutif Job NKUNA KATENDE, qui ont tenu, à dynamiser les coordinations provinciales du CATSR dans les deux Kasaï. C’est dans ce sens que l’Organisation et le fonctionnement du CATSR ont fait l’objet d’une séance de travail organisée  à l’intention des travailleurs sociaux de Kananga et Mbuji – Mayi.

Pour mener au bon port les préparatifs et  garantir le déroulement  harmonieux du séminaire, un comité d’organisation de ces assises, au niveau local, a été mis en place.  Les membres de différentes commissions ont mis la main à la pâte. Ainsi, le  Ministre provincial du Travail, de la Prévoyance sociale et Fonction publique, Monsieur Emmanuel KANDE, a procédé à l’ouverture des travaux du séminaire, le lundi 04 août 2008 ; et il est revenu à la charge, le 13 du même mois pour clôturer  ces assises. Celles-ci ont été encouragées par le Bureau du Fonds des Nations Unies pour l’enfance au Kasaï Occidental (UNICEF/K.OCC) et la représentation du Bureau catholique international de l’enfance (BICE) dans cette province. 

I.                JOURNEE INAUGURALE : LUNDI 04 AOUT 2008

La journée inaugurale du séminaire de formation au travail social de rue organisé par le Comité d’Appui au Travail Social de Rue (CATSR)  s’est déroulée le lundi 4 août 2008 au Centre « Bamamu Tabulukayi » de l’Archidiocèse de Kananga, situé dans la commune de Katoka, province du Kasaï Occidental.  Deux temps forts ont marqué cette journée, à savoir : la cérémonie d’ouverture et  le démarrage des travaux.

I.1. CEREMONIE D’OUVERTURE

La cérémonie d’ouverture a été présidée, dans l’avant-midi,  par Son Excellence Monsieur Emmanuel KANDE,  Ministre du Travail, de la Prévoyance sociale et Fonction publique et Représentant du Gouverneur de province.  Plusieurs allocutions ont été prononcées à cette occasion.

I.1.1. Mot de bienvenue du Coordonnateur provincial du CATSR

Après l’hymne national, le coordonnateur du CATSR dans la province du Kasaï Occidental, Monsieur Pontien Théodore MUAMBE TUAKAJIKA, a souhaité la bienvenue aux invités et  aux participants. «  L’avenir des enfants, leur encadrement  et leur promotion social font partie des éléments constitutifs du développement d’une Nation », a souligné le coordonnateur provincial  tout en  assurant l’assistance que le CATSR/KASAI OCCIDENTAL se porte bien en dépit des obstacles que la représentation provinciale  de ce réseau a surmontés.  Il a également assuré le gouvernement provincial du Kasaï Occidental que l’action du CASTR s’inscrit dans  la politique d’amélioration des conditions de vie de la population, mieux connue sous le vocable « 5 chantiers ».  Le CATSR a grandement besoin de votre soutien et compte sur votre appui pour son implantation à travers la province du Kasaï Occidental , a dit le coordonnateur Pontien MUAMBE.  Enfin, il a exhorté les séminaristes à participer activement aux travaux car, a-t-il martelé, « le CATSR est une porte ouverte au travail social de rue, à l’épanouissement de nos structures ».

I.1.2. Mot des formateurs

Au nom des formateurs, le Directeur général du Centre africain de formation supérieure des éducateurs sociaux (CAFES), Monsieur KABW MUKANZ,  a fait observer à l’assistance que les enfants en rupture familiale  et sociale prolifèrent à travers les provinces  de la République démocratique du Congo malgré les efforts fournis par les pouvoirs publics et la société civile. Privés de toute action éducative susceptible de les socialiser, ces enfants  sont condamnés à vivre dans l’exclusion sociale.

Cette situation s’explique notamment par :

-        la persistance des causes de la rupture familiale dont la dégradation des conditions de vie des familles;

-        le nombre réduit des intervenants sociaux formés;

-        la médiocrité des interventions sociales pour combattre ce phénomène, lesquelles  interventions sont souvent limitées dans les centres d’hébergement.

C’est pourquoi, les formateurs remercient le CATSR d’avoir initié ce séminaire qui, espèrent-ils, pourra aboutir à la transformation des pratiques en faveur des enfants et jeunes en rupture familiale.

I.1.3. Mot d’encouragement du partenaire

Pour sa part, Monsieur MOUSSA SOW a, au nom de  Dynamo International, partenaire du CATSR,  remercié les travailleurs sociaux de rue congolais pour leur dévouement  qui, a-t-il dit, « n’est plus à démontrer ».  Le groupe pilote, autrement dit le Réseau international des travailleurs sociaux de rue, a-t-il ajouté, attache une importance aux travailleurs sociaux de la RDC.  Enfin, il a remercié et exhorté  l’autorité provinciale d’appuyer l’action du CATSR.

I.1.4.  Mot du Coordonnateur national du  CATSR

D’entrée de jeu, le coordonnateur national du CATSR, Monsieur Edho MUKENDI KAFUNDA, a remercié le Gouvernement de la Région wallonne de Belgique qui a subventionné ce projet ainsi que  le Gouverneur du Kasaï Occidental pour avoir accueilli favorablement et autorisé l’organisation du séminaire.

Pendant neuf jours de théorie et de pratique,  les formateurs et les acteurs de terrain vont cerner les différents contours du travail social de rue.  A la faveur de cette session de formation, les responsables du Secrétariat technique du CATSR poseront  les jalons de ce réseau dans la province du Kasaï Occidental et donneront de l’impulsion à la coordination du Kasaï Oriental.

I. 1.5. Discours d’ouverture du séminaire par le Représentant du Gouverneur

de province

Le Ministre du Travail, de la Prévoyance sociale et Fonction publique, Monsieur Emmanuel KANDE, Représentant du Gouverneur de province, a remercié le CATSR pour avoir associé le Gouvernorat à cette manifestation.  Le présent séminaire, a indiqué le Ministre, revêt une double signification. Il s’agit, d’une part, du renforcement des capacités  des intervenants sociaux ; et de la réinsertion socio-familiale  des enfants  comme résultat attendu des acteurs de terrain, d’autre part.  Bien encadrés, les enfants en rupture familiale seront utiles pour l’avenir de la Nation, comme certains d’entre eux l’ont, d’ailleurs démontré, lors de l’arrivée du Président Joseph Kabila à Kananga, a rappelé le Représentant du Gouverneur. Acteur social, le Ministre KANDE s’est dit heureux de se retrouver parmi les siens avant de procéder officiellement à l’ouverture des travaux du séminaire.

I.2. TRAVAUX DU SEMINAIRE

Après la cérémonie d’ouverture, la présentation croisée des participants, l’expression verbale et écrite des attentes, la présentation des objectifs du séminaire ont constitué l’essentiel des travaux de la première journée.

Les attentes

Ces attentes  ont porté  notamment sur la formation et l’appui institutionnel :

  1. Attentes liées à la formation

  1. Doter les séminaristes de connaissances approfondies, de  nouvelles méthodes et stratégies sur le travail social de rue ;
  2. Cerner les contours du travail social de rue par rapport aux pratiques existantes ;
  3. Acquérir des techniques  pour la réussite de la  réinsertion scolaire des filles mères et la lutte contre les grossesses non désirées;
  4. Dégager de  nouvelles pistes à exploiter pour amener la population à lutter contre le phénomène « Enfants de la rue » (EDR) ;
  5. Acquérir des connaissances pour lutter  contre les multiples cas d’échec de la réinsertion familiale des EDR ;
  6.  Développer la spécialisation dans le domaine du travail social de rue en rapport avec les bénéficiaires;
  7. Définir des stratégies pour lutter contre l’abandon des enfants par leurs familles et le refus des enfants de retourner en famille;
  8. Définir les  stratégies à  appliquer dans le cas des enfants dits sorciers ;
  9. Echanger sur la prise en charge des enfants sans lien familial ;
  10. Délivrer des brevets de participation aux séminaristes ;
  11.  Développer un travail en synergie entre les deux Kasaï ;
  12. Acquérir des  nouvelles connaissances sur  le cadre juridique de la protection des droits des enfants ;
  13.  Multiplier ce genre de formation en provinces. 

  1. Attentes relatives à l’appui institutionnel

  1. Renforcement  des capacités et maintien des actions du CATSR ;
  2. Installation du bureau du Comité provincial du CATSR ;
  3. Soutien matériel et financier aux structures ;
  4. Aide matérielle pour l’insertion économique des Enfants et autres nécessiteux ;
  5. Besoin d’appui économique pour des familles d’accueil.

La présentation des objectifs du séminaire  a mis un terme aux travaux de la première journée.

II.              DEUXIEME JOURNEE : MARDI 5 AOUT 2008

Avant de suivre le premier module de formation, les participants ont adopté, sous la modération de Monsieur Antoine KETIKILA,  l’horaire journalier et le code de bonne conduite pouvant régir la période du séminaire.  

Premier module : Développement, besoins et droits de l’enfant

Le formateur Sébastien KABW MUKANZ a, d’entrée de jeu, indiqué que les séminaristes seront, à la fin de ce module, capables :

§       de définir les concepts « enfant », « développement », « besoin » et « droit de l’enfant » ;

§       repérer les étapes du développement de l’enfant ainsi que les  besoins et les droits de ce dernier ;

§       découvrir la relation qui existe entre ces concepts ;

§       identifier les différents  milieux de vie de l’enfant et leur importance;

§       repérer des problèmes des enfants sur base de la classification de leurs besoins et de leurs droits.

Abordant ce  module,  le formateur qui s’est appuyé sur les travaux (résultats des échanges) des participants répartis en cinq groupes, a défini successivement les termes de base du thème à développer.

  1. DEFINITION DE CONCEPTS

1.1.         Enfant

Ce concept a été défini de plusieurs manières :

a)    Selon la culture kasaïenne, l’enfant est compris comme :

§       Un être humain dépendant de l’autre qui lui est supérieur ;

§       Un être incapable d’accomplir les fonctions sociales propres aux adultes ;

§       Un être faible  qui se laisse faire ;

§       Un être inférieur ayant des droits de la part d’une personne supérieure, etc. 

b)    Le  Dictionnaire des synonymes définit  l’enfant en termes de petit, court, faible, réduit, délicat, etc.

c)     Selon le Droit congolais, l’enfant est un être humain âgé de moins de 18 ans révolus et irresponsable de ses actes ;

d)    Selon la  Convention relative aux droits de l’enfant, celui est tout être humain âgé de moins de 18 ans, sauf  si la constitution du pays lui accorde la majorité plus tôt ;

e)    La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, quant à elle, définit l’enfant comme toute personne mineure âgée de moins de 18 ans.

Différents éléments permettent de définir l’enfant, notamment :

-        âge,

-        fragilité,

-        immaturité,

-        insécurité…

-        dépendance vis – à – vis des adultes

1.2.         Développement

Dans ce contexte, le  développement est considéré comme une croissance physique, intellectuelle, psychologique, biologique, morale et mentale de l’enfant.  Ainsi, KABW MUKANZ a-t-il commenté cette réalité en ces termes : « Depuis la conception, l’enfant se développe, passe d’un stade inférieur vers un stade supérieur, du stade de fœtus, bébé, d’enfant, enfant pubère, adolescent pour devenir un adulte ; de la vulnérabilité à la maturité et à la responsabilité, de  la dépendance à l’autonomie et à la coopération ». Ce développement  se réalise par  des étapes  résumées dans le tableau ci-dessous :

Etapes

Appellation

Groupes de besoins

et de droits

de  0 à 3 ans

Petit enfant (bébé)

Survie

de 4 à 6 ans

Enfant

Développement

de 7 à 12 ans

Pubère (pré adolescent)

Protection

de 13 à 17 ans

Adolescent

Participation

1.3.         Besoin

Comme l’exige la méthode participative, les séminaristes se sont exercés à définir le terme « besoin » à la demande du formateur.  L’auditoire a ainsi défini le besoin comme : une manifestation interne et physiologique  qui pousse  l’homme à poser un acte pour sa satisfaction, une nécessité, un désir, une aspiration.

Dans le même sens, KABW MUKANZ a défini le besoin comme une exigence ressentie, un désir, une aspiration, une condition à remplir pour vivre ou survivre.  Pour illustrer ces définitions, il a présenté l’échelle hiérarchique de besoins élaborée par Abraham MASLOW sous forme de pyramide :

                                   triangle

  

Tous les besoins de l’homme se définissent en besoins sociaux. Et les besoins sociaux sont répartis en besoins vitaux et besoins pour la vie en société. Et le formateur de préciser :

  • les besoins vitaux sont indispensables. Il s’agit, a-t-expliqué , des besoins physiologiques et de sécurité ;
  • les besoins pour la vie en société : c’est le cas de besoins d’appartenance à une nation ou à un groupe social, les besoins d’estime, d’accomplissement.

1.4.         Droit

De manière générale, le  terme « droit » est défini sous deux angles :

  • Ensemble des textes régissant les rapports entre particuliers et entre les communautés dans une société donnée ;
  • Ensemble des prérogatives inhérentes à la personne humaine reconnues à un individu ou à un groupe d’individus.

Comme pour toute personne humaine, l’enfant a aussi des droits à côté des obligations qui lui incombe.  Ces droits sont les besoins identifiés et jugés utiles et nécessaires pour la croissance et le développement de l`enfant, a indiqué KABW MUKANZ.  Tout le monde s’est accordé sur le fait que l’enfant a non seulement des droits mais aussi des devoirs. Ses besoins doivent être satisfaits et  ses droits respectés. Tout cela, pour le développement de l’enfant.

  1. DIFFERENTS MILIEUX DE VIE DE L’ENFANT ET  LEUR IMPORTANCE

A ce sujet, le formateur a montré que l’enfant évolue, durant son développement, dans différents milieux : le sein de sa mère, la maternité, la famille, l’école,  l’église, la communauté et la tombe. Ces différents milieux ont pour rôle d’aider l’enfant à trouver des ressources pour satisfaire ses besoins et  jouir de ses droits. Le passage d’un milieu à un autre se fait dans un délai de temps bien déterminé.

Des exercices sur  la classification des besoins et des droits des enfants ont été faits par les participants sous la conduite du formateur. 

Deuxième module : Introduction au travail social

Après avoir fixé les esprits sur les droits et les besoins des enfants dont la satisfaction garantit le développement de ces êtres fragiles et accordé ainsi les violons avec les séminaristes,  le formateur KABW MUKANZ a introduit le thème sur le travail social.  Il a  commencé par définir les concepts techniques de base,  avant d’aborder  les étapes de l’évolution historique du travail social,  de parler de  demandeurs de ce type de travail et de se pencher, enfin, sur les zones d’intervention dans ce domaine.

1.     DEFINITIN DES CONCEPTS

1.1.         Travail social

Après avoir entendu et commenté les différentes acceptions du travail social avancées par les participants, KABW MUKANZ a partagé avec les séminaristes quelques perceptions classiques du travail social:

§       Selon la définition des Nations Unies de 1959, le travail social est une activité visant à aider à l’adaptation réciproque des individus et de leur milieu social.

Cet objectif est atteint par l’utilisation de techniques et de méthodes destinées à permettre aux individus, aux groupes et aux collectivités de faire face à leurs besoins, de résoudre les problèmes que pose leur adaptation à une société en évolution, grâce à une action coopérative, d’améliorer les conditions sociales et économiques.  Ici, le formateur a insisté sur  l’interaction entre l’individu et son milieu social en ces termes : « lorsqu’il n’y a pas changement dans le milieu social, il n’y a pas adaptation ». A titre d’exemple, le travailleur social doit aider l’enfant et le milieu social à renoncer à la violence.

§       Pour Jacques Ladsous, « Tout homme est capable d’évoluer. Le travail social est là pour permettre aux gens de cheminer vers autre chose que le moment précis. » Commentant cette thèse, le formateur a soutenu que tout travailleur social qui ne partage pas le point de vue de Jacques Ladsous doit alors arrêter son action auprès des personnes qu’il accompagne.

§       Une autre définition est celle de Jean Michel Belorgey (1988). Pour cet auteur, « le travail social est le travail de la société sur elle-même, en vue de donner au tissu social à la fois plus de souplesse et plus de cohésion ».

§       D’après le Conseil économique et social (2000): « Le travail social a pour vocation première d’aider à ce qu’une personne, une famille ou un groupe de personnes ait accès aux droits que la société lui confère, et crée ou recrée des liens sociaux. » A la lumière de cette perception, l’objectif du travail social, a martelé le formateur, consiste à rendre aux plus dépendants l'autonomie qui leur permettrait d'affirmer leur propre originalité, tout en bénéficiant d'une intégration suffisante.

§       Selon les normes internationales, « le travail social, comme profession, s’emploie à promouvoir le changement social et la solution de problèmes dans les relations humaines de même qu’il aide les hommes à se donner du pouvoir et à se libérer en vue d’un plus grand bien - être ». S’appuyant sur des théories du comportement humain et des systèmes sociaux, ce type de travail intervient dans le champ des interactions entre les personnes et leur environnement.

Les droits de la personne et la justice sociale sont des principes fondamentaux de l’action en travail social (et non la pitié ou la charité).

Des questions relatives  à la réinsertion familiale et sociale  d’enfants dits sorciers  et à l’attitude que le travailleur  social devrait adopter face à la situation d’un enfant qui refuse de rentrer dans sa famille biologique alors que celle-ci déclare ne l’avoir pas chassé, ont été soulevées par les participants et discutées avec la délégation des travailleurs sociaux venus de Kinshasa.  Après échange des vues, le formateur  KABW MUKANZ a invité  les séminaristes à considérer que beaucoup de cas de sorcellerie sont forgés pour incriminer les enfants et ce phénomène, s’il existe, doit être vu et placé dans son contexte d’antan, c’est-à-dire un phénomène réservé aux chefs coutumiers et autres personnes de leur rang et pas à l’enfant.  Concernant le second cas, le même formateur a conclu, après discussion,  que le rôle du travailleur social est  celui de suppléance, d’accompagnateur. Le travailleur social, a-t-il dit, doit aider la famille et l’enfant à résoudre leur problème.

III.             TROISIEME JOURNEE : MERCREDI 06 AOUT 2008

Au cours de la troisième journée, Monsieur  KABW MUAKNZ a poursuivi le module relatif à l’introduction au travail social. Avant de brosser l’historique du travail social et d’aborder d’autres aspects de ce thème, le Directeur général du CAFES a  partagé sa compréhension des « problèmes sociaux » et du « travailleur social » avec les séminaristes.

1.2.         Les problèmes sociaux

Il existe deux types de problèmes : les problèmes individuels, concernant une personne, une famille ou un groupe ; et les problèmes sociaux, ceux qui touchent une plus grande population.

La définition du terme « problème » se réfère à deux approches : besoins et droits.

Ainsi, l’on parle de problème en termes de difficulté à satisfaire un besoin ou à jouir d’un droit.  Aussi, convient-il de percevoir un problème comme une incapacité à satisfaire un besoin ou à jouir d’un droit.  Etablissant un lien entre travail social et besoins ou droits, le formateur a soutenu  que le travailleur social n’intervient que là où  il y a menace d’un besoin ou d’un droit ;  et aussi,  là où l’on observe l’incapacité à satisfaire un besoin  ou la violation d’un droit.   Lorsqu’un besoin se fait sentir, sa satisfaction  nécessite des ressources et la facilité d’y accéder.  Le formateur a ainsi épinglé deux cas :

  • Lorsqu’il y a insuffisance des ressources : on parle de difficulté à résoudre un problème ou à satisfaire un besoin ;
  • En cas d’absence des ressources : il y a incapacité à résoudre un problème ou à satisfaire un besoin.

Il convient de noter que la satisfaction des besoins dépend de la décision du sujet et des partenaires concernés.

1.3.         Le  travailleur social

C’est  un professionnel dont la fonction est d’accompagner des personnes souvent exclues des dispositifs de droit commun. Il connaît l’homme en situation difficile, le milieu dans lequel il vit ainsi que les méthodes d’intervention en vue de l’aider à trouver des solutions à ses problèmes. C’est l’acteur dans la vision du changement social.

La Fédération internationale des travailleurs sociaux est plus prolixe encore. Sur son site web, elle définit la profession d’assistant social ou de travailleur social comme celle qui « cherche à promouvoir le changement social, la résolution de problèmes dans le contexte des relations humaines et la capacité et la libération des personnes afin d’améliorer le bien-être général ».

2.     ETAPES DE L’EVOLUTION HISTORIQUE DU TRAVAIL SOCIAL

L’intervention en faveur des personnes en situation difficile est passée par les étapes suivantes:  

                                                                                                                                                                      

Services sociaux

Travail social

 

 

Assistance publique

 

Charité

Assistance

 


Par « charité », il sied d’entendre des services de bien-être social destinés aux nécessiteux ;  l’assistance est synonyme d’une aide, d’un soutien ou d’un réconfort qui ne vise pas à résoudre un problème ; l’assistance publique s’adresse généralement aux personnes frappées par une calamité ;  le service social vise à améliorer les conditions de vie des défavorisés tandis que le travail social  accompagne les personnes en situation difficile de manière à les rendre autonomes.

Cette évolution  de l’intervention au bénéfice des nécessiteux a poussé le formateur à faire avec les séminaristes la distinction entre les maisons d’hébergement et les centres d’encadrement : une maison d’hébergement récupère les enfants ou autres personnes vulnérables, les nourrit, les vêtit et se limite là tandis qu’un service d’encadrement des enfants, par exemple, récupère ces derniers, les occupe avec un travail rémunérateur. Certains  peuvent rentrer en famille et revenir chaque jour pour travailler ; d’autres peuvent résider dans leur milieu habituel (marché, gare…)  tout en exerçant des activités que propose le centre. 

Cependant, il ne faut pas se limiter à ces services. L’idéal  consiste à accompagner les personnes en situation difficile et parvenir à résoudre, avec elles, leurs problèmes. Pour ce faire, il est recommandé de faire un travail de fourmi pour découvrir les véritables causes  de leur situation. 

3.     LES DEMANDEURS DU TRAVAILSOCIAL

Les demandeurs du travail social sont généralement des  personnes aux prises avec des problèmes sociaux, des personnes qui éprouvent des difficultés à s’adapter aux réalités socio-économiques de leur temps. Ce sont des personnes en situation difficile ou des  personnes vulnérables. Elles se trouvent dans ce qu’on appelle « la situation de maladie sociale ».  En voici quelques catégories : veufs/veuves,  orphelins, personnes vivant avec handicap, enfants abandonnés, albinos, personnes sans asile, etc.

4.     LES ZONES D’INTERVENTION DU TRAVAIL SOCIAL

Accordant  beaucoup d’importance à ce point,  le formateur a dit que des éléments négatifs et positifs  qui surgissent  dans la société engendrent des problèmes humains et sociaux et par conséquent, les personnes sont confrontées aux difficultés sociales. Cette réalité crée au sein de la société trois zones sociales  représentées dans le graphique ci-dessous :  

                   

Zone d’exclusion sociale

(Traitement)

Zone de risques

(Prévention)

Zone d’intégration sociale

(Travail social promotionnel)

Trois niveaux de travail social se dessinent :

§       Le travail social curatif ou le traitement s’adresse aux personnes dont la « maladie sociale » est déjà déclarée. C’est le cas, par exemple, des  enfants mal nourris, des enfants en rupture scolaire ou en rupture familiale, etc. Ce travail social les aide à trouver des facilités de s’assurer la sécurité alimentaire, la réinsertion scolaire ou familiale, et non seulement la réunification.

§       Le travail social préventif s’adresse aux enfants ou adultes en situation de risque ou de danger social. C’est le cas des enfants dont la fréquentation scolaire se fait en dents de scie, ceux qui sont soumis au délestage alimentaire, des foyers submergés par des conflits fréquents, etc. Le travail social préventif les aide à ne pas sombrer dans la situation de maladie sociale, dans la rupture scolaire ou familiale, sans oublier le divorce.

§       Enfin, le travail social promotionnel s’adresse aux personnes vivant dans la zone d’intégration sociale pour les aider à améliorer les conditions de leur existence.

Il s’est avéré que presque tous les efforts des acteurs sociaux  sont concentrés dans la zone d’exclusion sociale, en aval, laissant la situation se dégrader en amont, c’est-à-dire dans  les autres sphères. Ce qui alimente le fleuve des problèmes sociaux, fait accroître le nombre des personnes en situation difficile  et rend donc  presque  nuls les efforts consentis.

Cette situation a  amené le formateur à parler de 4 vases :

  1. Le premier, en  bon état ;
  2. Le 2ème, troué ;
  3. Le 3ème, renversé ;
  4. Le 4ème, cassé.

Expliquant cette  figure, Monsieur KABW MUKANZ a dit que les personnes qui sont dans la zone d’exclusion sociale ou dans celle de  risque proviennent de trois derniers vases.  En s’occupant de ces personnes qui, demain, doivent rentrer dans ces vases troué, renversé et cassé, il sied absolument  de réparer  ces vases  pour qu’ils soient en mesure d’accueillir et de contenir ces personnes. Sinon, le travail est nul.

Un exercice sur la rivière de la vie a permis aux séminaristes de constater que presque  tous  les cycles de vie connaissent des obstacles et des avancées. Ces rivières (cycles de vie) ont vu leurs lits s’élargir grâce aux efforts personnels ou aux apports extérieurs. Ce qui manque à beaucoup de gens, c’est bien les apports extérieurs.

Le travailleur social, comme l’a fait remarquer l’équipe de formateurs, doit s’appuyer, dans l’exercice de son métier,  sur divers outils dont le tableau de classification des besoins et des droits, la rivière de la vie, etc. 

IV.           QUATRIEME JOURNEE : JEUDI 7 AOUT 2008

Les échanges de  cette journée ont gravité autour du travail social de rue proprement dit. 

Troisième module : Travail social de rue : 3 axes 

                                 et processus d’intervention

Le formateur Moussa SOW  a abordé ce thème par un exercice. Après répartition des participants en groupes, il leur a demandé de définir le travail social de rue.  En s’appuyant sur les définitions des participants, il  a regroupé les différentes réponses  sous  ce questionnement :

  1. Quoi             : le travail social de rue, une activité ;

  1. Où               : Il se passe dans un milieu ouvert (marché, gare…). Il a montré,

                             à titre indicatif, que le travail social de rue  s’effectue entre la famille et l’école. On ne peut pas faire abstraction de la rue ;

  1. Quand          : A tout moment ;

  1. Comment     : Agir en profondeur, faire preuve d’ingéniosité, s’adapter aux

                             réalités de terrain, utiliser rationnellement  divers outils ;

  1. Par qui         : homme ou femme bien outillé (formé) ayant foi en ce qu’il (elle)

                            fait. Bénévoles. A ce propos, le formateur a recommandé la rétribution du travailleur social et stigmatisé  ainsi le bénévolat. Le travailleur social risque de devenir lui-même un cas social s’il n’est pas rémunéré, a-t-il prévenu.

  1. Pourquoi      : cette question renvoie à la finalité : réinsertion sociale, amener

                            la personne en situation difficile à jouir de ses droits, adaptation réciproque de la personne nécessiteuse avec son milieu social, etc.

TROIS AXES D’INTERVENTION 

  1. Aide individuelle

L’individu est l’acteur principal dans l’action sociale. Chaque individu constitue une particularité.

  1. Action collective (travail de groupe)

Travailler avec l’individu, c’est  aussi tenir compte du milieu  dans   lequel il vit (famille, collectivité).

  1. Action communautaire (changement)

Le changement qui constitue la finalité de l’intervention sociale ne peut être réalisé si le travailleur social de rue n’implique pas la communauté.  A titre illustratif, tant que la communauté n’aura pas changé sa vision sur les enfants en rupture familiale et sociale, le travail abattu n’aura pas d’effet.

D’où, la nécessité de travailler avec l’individu, la famille (collectivité) et toute la communauté.

PROFIL DU TRAVAILLEUR SOCIAL DE RUE

Par la suite, Antoine KETIKILA a relayé Moussa SOW pour parler du profil du travailleur social de rue qui se résume en  ces éléments :

§       Motivation réelle – militantisme ;

§       Connaissance de l’enfance et de l’adolescence  et de l’adulte (normal et pathologies) ;

§       Pas de crainte de la rue ni de la personne en situation difficile ;

§       Bonne maîtrise de la problématique « rue » ; 

§       Pas de jugement anticipé ;

§       Neutralité ;

§       Relation d’égalité ;

§       Grandes capacités d’autocritique (remise en question continue)

§       Sens du travail en équipe ;

§       Qualités impératives : observation, attitude d’écoute, potentialité

§       Vocation.

PROCESSUS D’INTERVENTIONDANS LE TRAVAIL SOCIAL DE RUE

Moussa SOW et Antoine KETIKILA ont  résumé  le  processus d’intervention dans ce tableau :

1. Connaissance  du milieu (Rue) – Etude du milieu

  • S’informer sur le problème
  • Enquêtes sociales

2. Présences sur le terrain

C’est le Zonage

  • Observer directement sans intervenir
  • Confirmer et infirmer
  • Identifier ce qui se passe (les activités)

3. Identification : Se présenter

  • Qui suis-je ? Pourquoi  je suis là ?
  •  Se faire connaître et se faire accepter par les habitants du quartier et les Enfants et jeunes
  • Créer la rencontre (l’espace de relations avec les PSD (CONTACT) 
  • Travailler la relation    

4. Intervention directe

NB. Sur base d’un projet                                             

  • Mise en place d’un certain nombre d’activités pour arriver à  amorcer :
  • Aide individuelle
  • Action collective
  • Action communautaire=Conscientiser le public et interpeller le pouvoir public sur une problématique

Les deux intervenants ont enfin fixé les participants sur les outils du travailleur social de rue  (TSR), les domaines d’intervention du travail social et quelques problèmes rencontrés par les enfants en  difficulté.

LES OUTILS DU TRAVAILLEUR SOCIAL DE RUE (TSR)

  • Cahier journalier des tournées des quartiers
  • Dossier individuel des jeunes
  • Cahier des rapports hebdomadaires
  • Fiches des activités collectives
  • Planning hebdomadaire (prévision horaire de travail) de chaque intervenant social, etc.

DOMAINES D’INTERVENION DANS LE TRAVAIL SOCIAL

1)     La prévention

2)     L’insertion et la réinsertion

3)     L’Hébergement

4)    La santé et la nutrition

5)    Education formelle et non formelle

6)     Protection et Défense des droits

QUELQUES PROBLEMES DES ENFANTS EN DIFFICULTE

  • Décrochage scolaire
  • Difficultés matérielles des parents (logement)
  • Maltraitance
  • Petite délinquance
  • Divorce des parents
  • Difficultés matérielles (recherche emploi)
  • Santé
  • Manque des loisirs
  • La faim
  • Accusé de sorcellerie

5ème  JOURNEE : VENDREDI 8 AOUT 2008

Le formateur KABW MUKANZ est revenu à la charge la cinquième journée pour exposer sur la méthodologie de l’intervention sociale.

Quatrième module : Méthodologie de l’intervention sociale

Pour l’amélioration de leur situation, les personnes en situation difficile entendent voir les travailleurs sociaux élaborer et exécuter une série d’interventions sociales en leur faveur. Celles – ci peuvent se définir facilement comme étant « ce que le travailleur social fait de façon consciente et volontaire, afin de modifier la situation du client ».

Selon De Robertis Christina, l’’intervention sociale  est synonyme de « vouloir agir ». Intervenir dans une affaire veut dire « prendre part volontairement, se rendre médiateur, interposer son autorité». L’intervention sociale est le processus par lequel des professionnels en travail social apportent une aide, une assistance, un soutien ou un appui et  un    accompagnement aux personnes en difficultés sociales.

A la lumière  de  ces  définitions, KABW MUKANZ a déduit que « l’intervention sociale est une action menée par des professionnels selon des savoir-faire explicites qui vise à permettre à des personnes en difficultés sociales d’agir sur elles-mêmes et sur leur environnement pour que leurs conditions sociales s’améliorent, dans un but immédiat, moyen et/ou plus long terme (lointain) ».

Dans cette optique, il a partagé avec les séminaristes son entendement de certains concepts de base de l’intervention : changement, contradiction, interdépendance, équilibre dynamique.

  1. DEFINITION DES CONCEPTS

1.1.  Changement

Le changement suppose une modification qui peut être brusque, rapide et même inattendue ou progressive s’inscrivant dans une évolution lente que l’on appelle alors développement.

1.2.    Contradiction

La contradiction fait allusion à la coexistence, au même instant,  des sentiments opposés : amour-haine ; joie-tristesse, etc. Selon l’explication fournie par le formateur, la notion de contradiction nous amène à regarder tout ce qui nous entoure comme indissolublement lié à son contraire ; à percevoir chaque événement dans son rapport contradictoire entre le positif et le négatif, le bon et le mauvais.

1.3.    Interdépendance

Par « interdépendance », il convient d’entendre les liens entre les différentes parties qui composent un champ social. Ce qui signifie qu’il existe entre les individus et leur environnement, entre différents individus et le milieu social, entre des groupes divers dans un même champ social,  des relations et des influences réciproques. A titre d’exemple, le formateur a fait observer que lorsqu’on agit sur un enfant qui vit dans une famille; on agit, par ricochet, sur cette famille. L’influence exercée sur l’enfant  est ressentie par la famille.

1.4.  Equilibre dynamique

Lorsque les concepts « changement », « contradiction » « interdépendance » sont appliqués au travail social, ils permettent au travailleur social de rue de percevoir la situation de la personne en situation difficile en termes d’équilibre dynamique.  L’intervention sociale devient alors le fait de vouloir agir, prendre par volontairement dans une affaire.

  1. MODELES D’INTERVENTION SOCIALE

Deux  différents  modèles :

2.1.  Modèle médical

L’intervention sociale a pendant une très longue période emprunté au modèle de traitement médical bon nombre de ses références méthodologiques et de sa terminologie, notamment en ce qui concerne la méthode psychosociale individualisée. Le formateur a énuméré les étapes suivantes :

§       étude (recherche) de la situation ;

§       diagnostic social ;

§       traitement ;

§       évaluation ;

§       fin du traitement.

2.2.  Modèle d’intervention

Ce modèle, a expliqué KABW MUKANZ,  consiste à comprendre la dynamique sociale et psychologique dans laquelle se trouve la personne en difficulté, définir les objectifs précis de changement à atteindre et les moyens pour y parvenir.

Cette définition des objectifs  et des moyens est souvent appelée une action ou une intervention ou encore mieux un projet. La définition des objectifs et le choix  des moyens sont alors faits en confrontant les projets de différents partenaires en présence, la négociation aboutissant à un projet commun. A la base de ce modèle, il y a la conception  du rôle du travailleur social comme « agent de développement » (changements personnels ou individuels, familiaux et sociaux).

3. ACTIVITES ET ROLES DANS L’INTERVENTION INDIVIDUELLE

L’intervention individuelle en travail social vise, d’une part, à accompagner une personne dans ses souffrances afin qu’elle puisse leur donner un sens ; et d’autre part, l’aider à obtenir le plus grand nombre de ressources possibles afin qu’elle puisse participer activement à son devenir individuel et au devenir collectif de la société en tant qu’actrice sociale.

Il existe quatre activités et quatre rôles dans l’intervention individuelle en travail social :

3.1. Activités

La première activité consiste à  travailler avec une personne cliente afin de l’aider à obtenir des ressources dont elle a besoin pour changer la situation – problème à laquelle elle est confrontée.

Il y a deux sortes de ressources :

  1. les ressources dures : elles comprennent notamment l’argent, la nourriture, le logement, les services médicaux, etc.
  2. les ressources molles : comprenant l’attention, le respect, la reconnaissance sociale, l’amour de soi et des autres.

La seconde activité consiste à  travailler auprès d’individus ou de collectivités non directement touchés par la situation de la personne cliente, mais qui sont en mesure de fournir certaines ressources dont cette dernière a besoin.

La troisième activité consiste à  travailler avec un groupe de personnes vivant une situation – problème commune afin de les aider à obtenir les ressources dont elles ont besoin pour changer la situation problème à laquelle elles sont confrontées.

La quatrième activité consiste à travailler auprès d’individus, de groupes ou de collectivités ne vivant pas nécessairement une situation problème donnée, mais qui sont en mesure de contribuer à la création de nouvelles ressources et au développement social plus large.

3.2. Rôles

Le premier rôle joué par l’intervenant social est celui de « personne ressource, de consultant, de soignant » dont les principales fonctions sont de :

·       soutenir et de respecter la personne dans l’expression de sa souffrance ;

·       découvrir avec elle les ressources dont elle a besoin pour améliorer sa situation, repérer celles qui existent, celles que l’on peut fournir soi-même, celles qui peuvent être obtenues ailleurs et celles qui doivent être créées ;

·       travailler avec la personne à obtenir ces ressources, soit en réalisant avec elle un plan d’intervention, soit en la dirigeant ailleurs.

Le second rôle est celui de courtier  dont les principales fonctions sont :

·       d’inventorier et d’évaluer les ressources existantes ;

·       d’établir et de maintenir de bons contacts avec les responsables de ces ressources ;

·       de signaler tout manque sur le plan des ressources existantes et, dans la mesure du possible, de s’assurer que ces manques soient comblés.

Le troisième rôle est celui de médiateur dont la principale fonction est de favoriser une meilleure interaction entre les parties en cause, en recherchant les intérêts communs et en identifiant les obstacles à éliminer.

Le quatrième rôle est celui d’avocat ou de défenseur des droits dont les principales fonctions sont de :

·                    lutter avec la personne ou en son nom pour défendre son droit à une ressource qui lui est refusée ;

·                    regrouper les personnes aux prises avec le même manque de ressources dans la lutte pour le respect de leurs droits.

  1. LES PARAMETRES DE TRAVAIL

Quatre paramètres favorisent le pouvoir d’agir des personnes en interaction, selon Ausloos, auteur d’un ouvrage intitulé  « La compétence des familles » (1995), cité par le formateur.  Il s’agit de :

·       la compétence ;

·       l’information pertinente ;

·       le temps ;

·       le chaos.

1.     La compétence

Si l’on veut promouvoir la prise en charge des familles, il faut mettre l’accent sur les compétences et non sur le comportement des familles en termes de difficultés, de faiblesses, de manque d’habiletés, voire de déviance.

Si une famille reste en équilibre dans des conditions difficiles, cela signifie qu’elle a des compétences pour cela. Ausloos ajoute « qu’une famille ne peut se poser que des questions qu’elle est capable de résoudre ». 

2.     L’information pertinente

Il s’agit de l’information qui circule dans la famille et qui y retourne pour informer le système sur son propre fonctionnement. Il ne faut se limiter à recueillir des données, mais bien faire circuler l’information entre les membres du système familial.

Ce, en en leur faisant découvrir des choses qu’ils ne savaient pas sur leurs relations. Ce principe de circularité d’une information pertinente constitue un facteur central dans les dynamiques thérapeutiques dans la mesure où il permet aux familles de trouver des solutions à leurs problèmes.

3. Le temps

La perception du temps diffère fortement selon les cultures, les contextes, les circonstances, les lieux, les sujets les sensations agréables ou désagréables.

Si par exemple, Il a fallu vingt ans pour développer un problème d’alcoolisme, il serait utopique de penser que vingt et un jour de désintoxication ou dix rencontres suffisent pour traiter efficacement le problème en question. On travaille plus avec les personnes qu’avec les problèmes. Cette approche du temps a des effets bénéfiques sur le travail social, car, elle contribue à créer des conditions de co-responsabilité propices aux changements selon les rythmes propres aux systèmes familiaux.

4. Le chaos

En tenant compte du principe d’équifinalité, à savoir que plusieurs voies peuvent mener à un même but, et vice versa, nous débouchons nécessairement sur la notion d’imprévisibilité. Comme travailleurs sociaux, nous ne pouvons pas savoir au départ ce qui a mené à tel ou tel problème, et encore moins ce qui permettra de le résoudre.

C’est dans le cours des échanges et des contenus avec les personnes, non connues à priori que, que nous trouvons souvent des solutions créatrices.

Le chaos n’est pas seulement synonyme d’échec, d’aliénation et de dégradation. Il est également source de vie et de changement.

  1. ETAPES DE L’INTERVENTION SOCIALE

 Sept étapes :

  1.  
    1. Contact avec la personne en situation difficile (PSD);
    2. Connaissance de la PSD ;
    3. Rédaction ou élaboration du ou des projet(s) d’intervention ;
    4. Mise en œuvre, exécution ou réalisation du projet (des projets) ;
    5. Suivi ;
    6. Evaluation  (mesurer le degré d’atteinte des objectifs et l’impact) ;
    7. Clôture ou fin de l’intervention.

.

A propos de la septième étape, Monsieur KABW MUKANZ a précisé  que l’intervention peut déboucher sur une réorientation du projet en cas d’échec.

SIXIEME JOURNEE : SAMEDI  09 AOUT 2008

Au programme de cette journée, deux modules : le premier relatif à la Recherche- action  participative ; et le second portant sur l’Organisation et le fonctionnement du CATSR.

I.              Recherche- action  participative

D’entrée de jeu, l’intervenant KABW MUKANZ a précisé que la Recherche-action participative  (RAP)  est un outil du travail social avant de décortiquer les concepts clés  et d’épingler les étapes de la RAP.

a)    DEFINITION DES CONCEPTS

1.     Recherche

C’est tout simplement un exercice pour approfondir une situation, un problème.

2.     Action

Le terme  « action » renvoie à ce que l’on fait d’une manière consciente.

La recherche éclaire l’action et celle-ci détermine la recherche, a dit le formateur. Dans ce cas, le demandeur social (PSD) est considéré comme  co-chercheur et le travailleur social comme facilitateur.

3.     Participation

La participation est un apport.  Il y a participation lorsque l’apport de chaque partie est bien identifié.  En effet, la participation doit déboucher sur la responsabilisation de la personne en situation difficile  qui devient alors autonome.  Par l’exemple des femmes de Djamena, au Tchad,  qui ont reçu un moulin pour alléger leurs souffrances,  et ont fini par le retourner à l’expéditeur, considérant cet engin comme une charge,  le formateur à illustrer l’importance de la participation du co-chercheur à la recherche-action.  

b)    ETAPES DE LA RAP

§       Identification des besoins ;

§       Classification des problèmes ;

§       Sélection d’un problème ;

§       Manifestation du problème ;

§       Analyse systémique du problème ;

A partir d’un enfant amené dans la salle, le formateur s’est fait travailleur social en appliquant  ensemble avec les apprenants les différentes étapes de la RAP ; l’enfant étant donc considéré comme co-chercheur.  

II.           Organisation et le fonctionnement du CATSR

Profitant de ce séminaire, les responsables du Secrétariat technique national du CATSR ont tenu à redynamiser les comités provinciaux de deux Kasaï.   C’est cette optique qu’une séance de travail a été consacrée à l’organisation et au fonctionnement du CATSR.

I.                QUID DU CATSR ?

Le coordonnateur national, Monsieur Edho MUKENDI KAFUNDA, a commencé par brosser l’historique du CATSR qui est un réseau d’organisations issu du séminaire international de formation au travail social de rue organisé à Kinshasa, du 03 au 07 avril 2006. Le CATSR a été formalisé et créé le 22 décembre 2006 à la suite d’une convention de partenariat signée avec l’ONG Dynamo International, basée à Bruxelles et dirigée par Monsieur Edwin de Boevé. Neuf ONG ont signé ladite convention : Jeunesse Avenir, Centre africain de formation supérieure des éducateurs sociaux (CAFES), PAX JUNIORS,  Comité des droits de l’homme et développement (CODHOD), CROIX-ROUGE, Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), CEPRODEKI, Cœur compatissant (COCOM), ANGES DU  CIEL. 

II.              MISSION ET OBJECTIFS DU CATSR

Le CATSR  a pour mission   de valoriser et  promouvoir le travail social de rue par :

a)    l’identification des  acteurs,  des  ONG et réseaux d’associations intervenant dans le domaine du travail social de rue en vue d’impulser une synergie des d’actions sans étouffer la singularité de chaque acteur et le fonctionnement de chaque structure ;

b)    l’impulsion et le renforcement du travail des acteurs sociaux de rue à travers des commissions thématiques ;

c)     la lutte pour la reconnaissance sociaIe et légale du métier de travailleur de rue ;

d)    la défense des intérêts des travailleurs sociaux de rue auprès des pouvoirs publics et d’autres partenaires ;

e)    la coopération avec le réseau international des travailleurs sociaux de rue ;

f)      Le plaidoyer pour le bien-être des personnes en situation difficile.

Pour bien valoriser et promouvoir le travail social de rue, le Secrétariat technique du CATSR a mis en place quatre commissions thématiques permanentes (Formation, Cadre légal de protection des enfants et des jeunes, Protection et promotion du statut du travailleur social de rue, Projets et mobilisation des ressources).

III.            FONCTIONNEMENT DU CATSR

Le CATSR, a expliqué le coordonnateur Edho MUKENDI,   doit fonctionner de la même manière, tant au niveau national que provincial.

Et le secrétaire exécutif national, Monsieur Job NKUNA KATENDE, de compléter  en insistant sur le secrétariat technique provincial comme organe moteur en ce sens qu’il assure, comme au plan national,  la gestion de toutes les ressources humaines, matérielles et financières du réseau. Il prend, a-t-il souligné, des initiatives nécessaires  et agit en toute responsabilité dans l’intérêt du réseau.  Il est composé d’un coordonnateur, d’un secrétaire exécutif et des responsables des commissions.

Quant à la taille des bureaux de représentation provinciale du CATSR, elle évolue  selon les réalités du milieu, a  précisé le secrétaire exécutif Job NKUNA, se basant sur les statuts de  ce réseau.

Les coordonnateurs provinciaux de deux Kasaï (Oriental et Occidental) ont été donc invités à travailler avec dévouement en s’appuyant sur des ressources humaines capables de mener le navire au bon port.

SEPTIEME JOURNEE : LUNDI 11 AOUT 2008

La journée du lundi 11 août 2008 a été réservée aux travaux de terrain pour l’expérimentation des connaissances acquises.  Douze (12) équipes, composées de trois (3) personnes chacune,  ont effectué des descentes sur  différents sites ciblés dans la ville de Kananga en vue de palper du doigt les réalités au regard des techniques et méthodes apprises pendant la formation.

Le constat qui s’est dégagé de cet exercice est le suivant :

  • Les méthodes acquises ont permis aux participants d’appréhender la réalité ;
  • Beaucoup de travailleurs sociaux sont en contact les personnes en situation difficile  (PSD) et les laissent dans leur état ;
  • Les PSD ont l’impression que leur situation n’est pas prise en compte ;
  • Les demandeurs du travail social  qui ont constitué l’échantillon d’expérimentation des apprenants appartiennent, d’une manière générale, à la catégorie d’orphelins de mère, de père ou ayant perdu les deux parents.  Ce sont  des enfants et jeunes, filles et garçons  orphelins ou issus de familles de substitution  qui s’adonnent à deux activités : le petit commerce et la prostitution (le sexe).  L’âge des filles varie entre 13 et 22 ans, tandis que celui des garçons se situe entre 13 et 32 ans.  Ces personnes en situation difficile résident  soit aux endroits très animés et caractérisés par une forte affluence humaine ; soit dans des endroits retranchés  (hôtels…).
  • Les travailleurs sociaux de rue font beaucoup de promesses aux PSD.

Pour cette descente sur le terrain, des éléments d’identification de lieux ont échappé à certains apprenants lors de la séance de présentation et l’analyse des pratiques.

HUITIEME JOURNEE : MARDI 12 AOUT 2008

Les travaux de terrain se sont poursuivis pendant la journée du mardi 12 août 2008 en vue d’expérimenter d’autres outils appris pendant la formation théorique.

Les séminaristes se sont  se sont exercés aux 5 premières étapes de la RAP :

  • L’identification des besoins ;
  • La classification des problèmes et des droits des enfants;
  • La sélection d’un problème ;
  • La manifestation du problème ;
  • L’analyse systémique du problème  sur des cas rencontrés aux sites indiqués

La formation a pris fin, dans l’après-midi, par l’application des 5 premières étapes de la Recherche-action participative sur un enfant albinos (encadré par la Fondation Maria Moscatelli), sous  la direction de l’équipe des formateurs.  Cet exercice a permis  aux participants de déceler de petites erreurs commises sur le terrain. 

Les participants ont bien noté que la personne en situation difficile qui  identifie ses besoins, classifie ses problèmes, sélectionne un problème parmi ceux qu’elle a présentés,  avec la facilitation du travailleur social de rue.

Les remerciements du coordonnateur national du CATSR, ses conseils et ceux de Moussa SOW ont clos les travaux de cette journée.

APPUI DOCUMENTAIRE

Tout au long du séminaire, la formation a été appuyée par la documentation que l’équipe du Secrétariat s’efforçait de mettre à la disposition des participants  en dépit de contraintes techniques propres à une ville moins alimentée en énergie électrique.  Un rapport  journalier était  rédigé  et présenté par un membre du secrétariat pour combattre l’oubli et maintenir  participants et formateurs dans une ambiance d’enrichissement mutuel des connaissances.  

                    NEUVIEME JOURNEE : MERCREDI 13 AOUT 2008

La fin du séminaire de formation au travail social de rue dans la ville de Kananga est intervenue le mercredi 13 août 2008.  Comme à l’ouverture,  diverses autorités  dont le ministre provincial du Travail, de la Prévoyance sociale et de la Fonction publique, ont rehaussé de leur présence cette cérémonie et plusieurs allocutions ont été prononcées.

1.     MOT DE BIENVENUE DU COORDONNATEUR PROVINCIAL DU CATSR/KASAI OCCIDENTAL

Au nom des coordinations du  CATSR/Kasaï Occidental et Kasaï Oriental, Monsieur Pontien MUAMBE TUAKAJIKA, a souhaité la bienvenue à l’assistance et remercié particulièrement les autorités d’avoir sacrifié leurs occupations pour rehausser de leur présence cette cérémonie. 

Ce séminaire de formation, a-t-il dit, est un support intellectuel qui permettra aux travailleurs sociaux de rectifier le tir et d’améliorer leurs pratiques. « Le CATSR du grand KASAI s’engage non seulement à mettre en application les des stratégies et des outils appris durant les neuf jours du séminaire ; mais aussi à œuvrer dans une synergie et une dynamique participative des uns et des autres ».

Au ministre provincial et représentant du Gouverneur de province,  le coordonnateur du CATSR/Kasaï Occidental sollicité l’appui en ces termes : « Votre présence et appui aux actions du CATSR sera non seulement une réponse directe aux solutions envisagées mais aussi une contribution à l’amélioration des conditions de vie des personnes vulnérables dont les enfants et les jeunes dits de la rue. »

2. RECOMMANDATIONS

Ensuite, Monsieur Joseph MPUTU a fait la lecture du rapport du séminaire qui a été assorti des recommandations  des participants :

I.                Aux Gouvernements provinciaux des Kasaï Occidental et Oriental

§       De doter les coordinations provinciales du CATSR  de locaux pouvant abriter leurs bureaux ;

§       D’assurer la survie et la  protection des personnes en situation difficile ;

§       De garantir la scolarisation des enfants et des jeunes en rupture familiale et sociale ;

§       D’assurer la sécurité des travailleurs sociaux de rue dans  l’exercice de leur métier ;

§       De soutenir les actions du CATSR.

II.              A la Coordination nationale du CATSR

§       De faire le suivi des actions  des coordinations provinciales ;

§       De soutenir les coordinations provinciales.

III.            A l’UNICEF

                                   

                                    D’appuyer les actions du CATSR

IV.            A la Communauté française de Belgique et à Dynamo International

§       De renforcer le partenariat avec le CATSR ;

§       De soutenir les actions de ce réseau pour la promotion du travail social de rue en République Démocratique du Congo ;

§       D’assurer la participation du CATSR/National et des coordinations provinciales de ce réseau aux différentes conférences et rencontres au niveau international.

3. MESSAGE DES ENFANTS MESSAGERS  DE LA PAIX

Comme intermède aux allocutions,  les enfants messagers de la paix  de l’ONG PAX JUNIORS, sous la conduite de la Révérende Sœur Léonie KAYOWA, ont présenté un spectacle poétique intitulé « Congo de mon rêve » qui a émerveillé et interpellé l’assistance.  Ces enfants ont lancé un message pour l’éclosion d’un Congo modèle pour le développement, un Congo respectueux des droits humains et particulièrement des droits de l’enfant, un Congo où règne le bien-être physique, mental et social pour tous.  

4. MOT DES FORMATEURS

Pour le compte de l’équipe de formateurs, Monsieur Sébastien KABW MUKANZ  a reconnu l’immensité des besoins en termes de renforcement des capacités. Néanmoins,  a-t-il dit, les formateurs ont donné l’essentiel  pour permettre aux séminaristes d’avoir une nouvelle vision  du travail social de rue et une nouvelle manière d’intervenir.  « La formation est une houe qui doit être utilisée dans un champ », a conclu. 

5. MOT DE L’ADMINISTRATEUR DE L’UNICEF CHARGE DE LA PROTECTION DE L’ENFANT

« Parce que la rue existe »,  il faut avoir un corps des hommes engagés, soutenus et capables d’accompagner les personnes en situation difficile, a déclaré l’administrateur de l’UNICEF/KASAI OCCIDENTAL chargé de la protection de l’enfant, Monsieur Alphonse KALONJI TSHIKALA.  C’est pourquoi, il a salué  l’organisation d’un tel séminaire par le CATSR. « L’UNICEF  reste largement ouvert  à toute initiative susceptible de renforcer  les capacités des séminaristes formés », a-t-il promis tout en recommandant à la délégation des travailleurs sociaux du Kasaï Oriental de frapper à la porte  de cette institution des Nations Unies dans leur province pour un éventuel accompagnement. « Nous nous sentons fiers de cette formation », a conclu Alphonse KALONJI tout en saluant particulièrement la présence du formateur Moussa SOW, venu du Sénégal. 

§       MOT DU REPRESENTANT DE DYNAMO INTERNATIONAL

Pour le compte de  l’ONG Dynamo International,  Moussa SOW  s’est adressé aux  travailleurs sociaux formés en ces termes : « Dynamo International vous accompagne mais la finalité  de l’action vous incombe. Dynamo ne basculera pas si vous continuez.  Les situations que nous voyons dans la rue ne sont pas une fatalité ».  Il a salué particulièrement l’implication de l’autorité provinciale, de l’UNICEF et du BICE ainsi que l’apport des enfants messagers de la paix de PAX JUNIORS.

§       ALLOCUTION DU COORDONNATEUR NATIONAL

                                   DU CATSR

Le  CATSR, par la bouche du coordonnateur national, Monsieur Edho MUKENDI, se dit heureux d’avoir atteint son objectif.

« En effet, nous voudrions doter une vingtaine des hommes et des femmes dévoués à l’accompagnement des personnes en situation difficile dans les deux Kasaï des connaissances théoriques et pratiques nécessaires à l’accomplissement de leur apostolat », a-t-il fait savoir.  

 Au Gouvernement provincial du Kasaï Occidental, il a exprimé la gratitude du comité d’organisation du séminaire : « Nous saluons l’implication des autorités provinciales du Kasai Occidental dans la tenue de ces assises et nous restons assurés de leur accompagnement  du CATSR pour améliorer, tant soit peu, le sort des personnes vulnérables ». Enfin, il a  remercié le Gouvernement de la Région wallonne de Belgique qui a subventionné ce projet.

§       MOT DU MAIRE DE LA VILLE

Le Maire de la ville de Kananga, Monsieur Mazarin MFUAMBA, a remercié les organisateurs de ces assises et les séminaristes avant de féliciter les enfants messagers de la paix  pour leur prestation qui a inspiré son propos.  « Je rêve, a-t-il dit, du développement de la ville de Kananga ». Dans cette optique, il a tendu sa main aux travailleurs sociaux de rue pour la collaboration : « N’ayez pas peur de venir au bureau de la mairie  et de me faire des propositions ».  Et l’autorité de la ville de conclure : « Les enfants de la rue deviennent de plus en plus nombreux, il nous faut renouveler l’intelligence ».

§       DISCOURS DE CLOTURE DU SEMINAIRE PAR LE REPRESENTANT DU GOUVERNEUR DE PROVINCE

Dans le même ordre d’idées, le Ministre provincial du Travail, de la Prévoyance sociale et Fonction publique, Monsieur Emmanuel KANDE, Représentant du Gouverneur de province en mission à Kinshasa, a exhorté les travailleurs sociaux formés : « Maintenant que vous avez acquis de nouvelles connaissances et méthodes,  je reste convaincu que le travail social de rue  va prendre de l’envol  dans les deux provinces du Kasaï.  Avant de déclarer clos les travaux du séminaire, le  Représentant du Gouverneur Trésor KAPUKU a rassuré le CATSR  en ces termes : « Notre Gouvernement  reste disponible à toute sollicitation pour le développement des activités du CATSR en province ».

CONCLUSION

« Kinshasa n’est pas la République démocratique du Congo », dit-on.  La délégation du Comité d’Appui au Travail Social de Rue (CATSR) venue de la capitale a vécu cette réalité au regard des besoins en termes de renforcement des capacités et  du dynamisme des travailleurs sociaux  dans les Kasaï Occidental et Oriental. Ces « médecins du social »,  comme l’on peut bien les appeler, sont confrontés à la problématique des personnes en situation difficile dont les enfants en rupture familiale et réalisent un travail de fourni qui mérite l’attention des partenaires qui concentrent  généralement  leur appui sur les organisations non gouvernementales  opérant à Kinshasa.  Pourtant, le champ à labourer à l’intérieur de la RDC est vaste comme l’ont constaté le coordonnateur Edho MUKENDI et le Secrétaire Job NKUNA ainsi que Moussa SOW et d’autres membres de la délégation de Kinshasa qui ont eu des séances de travail avec quelques partenaires dont  l’administrateur chargé de la protection de l’enfant à l’UNICEF, Monsieur Alphonse KALONJI  et un réseau des éducateurs sociaux formés il y a quelques années.

Avec l’appui financier de la Région wallonne de Belgique et l’accompagnement de  l’ONG Dynamo International, le CATSR s’estime heureux d’avoir percé le Congo profond à travers le séminaire de formation organisé à Kananga, du 04 au 13 août 2008 au profit de 26 travailleurs sociaux de rue.  Au regard de l’étendue du champ social, cette activité de renforcement des capacités  des acteurs de terrain n’est qu’un coup de pioche. 

Mais l’essentiel pour le CATSR est d’avoir fait le premier pas vers les provinces en ce qui concerne le renforcement des capacités des travailleurs sociaux de rue. Le terrain étant déblayé avec la disponibilité des autorités provinciales à accompagner les actions du CATSR, ce réseau entend, avec le soutien des partenaires,  développer et multiplier des programmes de formation  des travailleurs sociaux et d’appui aux ONG membres,  à l’intérieur de la RDC.

Fait à Kinshasa, le 13 août 2008

Pour l’Equipe de Secrétariat

Coordonnateur

Job NKUNA KATENDE

Membres

§       Monsieur Joseph MPUTU

§       Révérende Sœur Adolphine TSHIBOLA

§       Monsieur Pierre TSHILENGE

§       Monsieur Alidor NGINDU

§       Monsieur Bruno TSHIBUABUA

Lu et approuvé par le Coordonnateur national du CATSR, Edho MUKENDI

ANNEXES

COMMISSION FORMATION & EQUIPE PEDAGOGIQUE

§       Moussa Sow

§       Sébastien KABW MUKANZ

§       Antoine KETIKILA

COMITE D’ORGANISATION

Coordination

§       Pontien MUAMBE TUAKAJIKA

§       Edho MUKENDI KAFUNDA

Commission logistique

  • Révérende Sœur Thérèse NGALULA
  • Révérende Sœur Agnès BUMPANGISHE
  • Madame Léontine BIDIKUMUDIA
  • Monsieur Thomas NDAYE
  • Monsieur Aimé LUSE

Commission de transport et logement

  • Monsieur Georges KABULANDA
  • Monsieur Isaac NGALAMULUME
  • Monsieur Paul MUKENGE
  • Monsieur Sylvain KANDOLO

Commission des  relations publiques et presse

  • Monsieur Jeef KANDE
  • Monsieur Gérard MUTSHIPAYI
  • Monsieur TSHITALA

Secrétariat technique

Coordonnateur

Monsieur Job NKUNA KATENDE

Membres

  • Monsieur Joseph MPUTU
  • Révérende Sœur Adolphine TSHIBOLA
  •  Monsieur Pierre TSHILENGE
  • Monsieur Alidor NGINDU
  • Monsieur Bruno TSHIBUABUA

LISTE DES PARTICIPANTS

DELEGUES DE MBUJI - MAYI

NOMS

ASSOCIATION

TEL  & E-MAIL

1

KALENDA  KALALA Bavon

CENTRE DIEU SOIT BENI

0854408034

2

KAPINGA  KABWE Bernadette

0997313162

bernakapi1@yahoo.fr

3

LUSAMBA  MUTOMBO Régine

CENTRE MISERICORDE

0998323482

regilusa@yahoo.fr

4

MUKOPO  KABENGELE Philippe

OSBB

0997310572

mukopophilippe@yahoo.fr

5

MUHOZI  MBUEMBUE Josiane

CENTRE BETU BANA (FILLES)

0997318836

DELEGUES DE KANANGA

6

BALEKELAYI  BEYA Donatien

BATID

0812570547

donatbale@yahoo.fr

7

BIDIKUMUDIA MUINE Léontine

BANA BA BUPOLE

0997343137

8

BUMPANGISHE TSHIMANGA  Agnès

FMMD

0816040656

9

KANDE  NGALAMULUME Jeef

MUDESCOF

0810582520

mudescof2004@yahoo.fr

10

KABULANDA  ILUNGA Georges

FONDAPAM

0854454415

fondapam@yahoo.fr

11

KANDOLO  BAPATUILA Symphorien

BANA BA BUPOLE

-

12

LUSE  KABUYA Aimé

AGROBELU

-

13

MUAMBA  LENGULULA Gilbert

CERDA/AC

0994854154

14

MUAMBA  TSHIOTO Médard

INSPECTION PROVINCIALE DE LA POLICE

0816040508

15

MUAMBE TUAKAJILA Pontien

JEUNESSE AVENIR

0994536696

jeunav_mik@hotmail.com

16

MUKENGE  MUDIPANU Paul

COTUKU

-

17

MPUTU  ILUNGA Joseph

MMP

0816040406

josephmputu2003@yahoo.fr

18

MBINGILA  LUBOYA Alphonse

BEPROD

0814531855

beprod_ong@yahoo.fr

19

MUTSHIPAYI NGINDU Gérard

ASADHO

0814746335

mutshikab@yahoo.fr

20

NDAYE  KAPAMBU Thomas

BATID

0994779594

21

NGALULA TUJIBIKILE Thérèse

JEUNESSE AVENIR

0815097282

jeunav_mik@hotmail.com

22

NGALAMULUME MULUMBA Isaac

LUSE

0997754314

isaacngalamulume@gmail.com

23

NGINDU  NGANDU Alidor Joël

CRMME

0899731367

24

NKONGOLO SHAMBUYI Jean-Pierre

AKAM

0997977752

25

TSHIBOLA  MULAMBA Adolphine

CRMME

0997682536

meresperance@gmail.com

26

TSHIBUABUA KABEMBA J.B.

CENTRE MPOKOLO WA MUOYO

0816040681

27

TSHILENGE Pierre

AEPI

0994859299

28

TSHITALA NGALAMULUME André

CNTDRC

0898433647

DELEGUES DU SENEGAL ET DE KINSHASA

29

MOUSSA SOW

AVENIR DE L’ENFANT

+221776332396

msowade@hotmail.com

30

KABW MUKANZ

CAFES

0999924905

gramid2002@yahoo.fr

31

KETIKILA MBALA

CAFES

0998264414

ketmbala@yahoo.fr

32

MUKENDI KAFUNDA

CATSR

0999970588

edhomuk@yahoo.d.fr, cs_trav_rue_rdc@yahoo.fr

33

Job NKUNA KATENDE

CATSR

0813202880

jobnkuna@yahoo.fr, cs_trav_rue_rdc@yahoo.fr

23:22 Écrit par Le Catsr dans Rapports | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je vous complimente pour votre exercice. c'est un vrai état d'écriture. Développez .

Écrit par : boitakados.fr | 01/08/2014

Je vous félicite pour votre exercice. c'est un vrai exercice d'écriture. Continuez


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Écrit par : serrurier paris 4 | 06/08/2014

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